Justice, Paix, Intégrité<br /> de la Création
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Génocide ou démocide ?

Ripreso da Mundo Negro 20.02.2021 Mbuyi Kabunda, Mbuyi Kabunda, presidente dell'Associazione Spagnola Africanisti Traduit par: Jpic–jp.org
« L'histoire maîtresse de la vie » est un dicton qui a cessé d'être sage pour devenir un slogan vide. L'incapacité de lire les événements dans leur contexte historique conduit à des condamnations annonçant les pires répétitions des mêmes erreurs. Rwanda, Rohingya, Arménie et combien d'autres !

Les manifestations antiracistes après la mort de George Floyd, avec la démolition de statues de personnalités impliquées dans l'esclavage ou le racisme ont, une fois de plus, mis au premier plan la conduite de Léopold II dans le bassin du Congo.

Diplomate habile, le roi obtient à la Conférence de Berlin (1885) l'institution d'une colonie privée, l'État Indépendant du Congo (EIC). Il devient ainsi le monarque d'un petit pays, la Belgique, et de l'EIC, un territoire de 2,5 millions de km2 où il n'a jamais mis les pieds.

Quand Livingstone et Stanley exploraient le bassin du Congo (1871-1879), sa population était d'environ 42 millions de personnes. Dix ans plus tard, la population était tombée à un tiers.

Cette réduction avait deux lectures ambivalentes.

Pour certains, c'était le résultat des cruautés commises par les agents de l'EIC et les sociétés concessionnaires contre les peuples autochtones pour maximiser l'exploitation de l'ivoire et du caoutchouc, très appréciés par la florissante industrie de l’automobile. Adam Hochschild, dans « Les fantômes du roi Léopold » (1998), parle d'un génocide, l'un des plus grands crimes contre l'humanité de tous les temps. Des écrivains comme Joseph Conrad ou Mark Twain ont parlé d' « or rouge » ou de « caoutchouc de sang ».

Pour d'autres, ce déclin démographique résultait d'une combinaison de plusieurs facteurs : des maladies tropicales ou vénériennes, la pression fiscale ou les expéditions militaires qui ont conduit les populations autochtones à quitter leurs villages pour se réfugier dans la forêt. Il faut ajouter les travaux forcés et la construction du chemin de fer Léopoldville-Matadi, ainsi que les raids d'esclaves aux mains de cheikhs afro-arabes comme Tippo Tip.

Le besoin d’énormes sommes d’argent pour rentabiliser le territoire à court terme avait conduit à la surexploitation de la population indigène et à la mise en place d'un système archaïque de prédation.

Pour Jean Stengers, l'œuvre de Hochschild est une « caricature grotesque de Léopold II », qui a en sa faveur la lutte contre les esclavagistes afro-arabes, ainsi que la « colonisation civilisatrice ».

Beaucoup d'ouvrages publiés au cours des 20 ou 30 dernières années se distinguent par leur sensationnalisme et leur manque de rigueur historique. La critique fondamentale que l'on peut formuler à l'encontre de ces ouvrages est qu'ils généralisent - sur tout le territoire de l'EIC et sur toute la période de Léopold II - des crimes et des abus qui ont été circonscrits dans l'espace et dans le temps. Le silence sur des crimes similaires commis par d'autres puissances coloniales en Afrique est frappant. En ce sens, les dénonciations contre Léopold II font partie de la vendetta de l'impérialisme britannique, qui n'avait jamais digéré la perte du Katanga, annexé en 1892 par le monarque, dans le but de tenir la deuxième conférence de Berlin, pour procéder à une nouvelle distribution du bassin du Congo parmi les grandes puissances.

Ce qui s'est passé dans l'EIC, plus qu'un génocide, est un « démocide » (réduction de la population), comme résultat de divers facteurs qui ont eu un impact démographique désastreux. Ce n'était pas un génocide parce qu'il n'y avait pas de volonté délibérée et planifiée d'éliminer un groupe racial, ethnique ou confessionnel.

Léopold était responsable de cette violence, mais il n'était pas coupable de cette hécatombe. Le roi lui-même compliqua les choses en brûlant, pendant l'été de 1908, les archives de l'EIC. Il aurait dit : « Je leur rendrai mon Congo, mais ils n'auront pas le droit de savoir ce que j'ai fait là-bas ».

Le drame est que le Congo postcolonial continue de souffrir du « syndrome de Berlin » : la culture de la violence et de la prédation, ou l'héritage du Bula Matari - le surnom que les communautés indigènes donnaient à Stanley - léopoldien. Les malheurs du caoutchouc, de l'or ou de l'ivoire ont été suivis par ceux du coltan.

Photo. Statue de Léopold II aux mains peintes en rouge comme le sang qu'il a versé

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