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Le plan d’« émigration volontaire » pour vider Gaza

Pagine Esteri 04.09.2026 Michele Giorgio Traduit par: Jpic-jp.org

Le ministre d’extrême droite compte faire avancer, avec le prochain gouvernement, le projet visant à chasser environ 2 millions d’habitants de la bande de Gaza en l’espace de 7 ans. « Au lieu de creuser des tunnels, il est temps que les Gazaouis fassent leurs valises », a-t-il déclaré.

L’idée de vider Gaza de sa population reste à l’ordre du jour de la politique israélienne et fera partie du programme d’un prochain gouvernement d’extrême droite. Celui qui la remet aujourd’hui en avant avec détermination et à travers un plan détaillé est Itamar Ben Gvir, ministre suprémaciste de la Sécurité nationale et chef du parti Otzma Yehudit. Ben Gvir a fait de l’expulsion des habitants de la bande de Gaza l’un des principaux thèmes de la campagne électorale pour les élections israéliennes du 27 octobre.

Ben Gvir a baptisé son plan « Désengagement 710 », un nom qui renvoie simultanément au retrait israélien de la bande de Gaza en 2005 et au 7 octobre 2023, date de l’attaque du Hamas dans le sud d’Israël. Les chiffres contenus dans le plan sont impressionnants. Ben Gvir entend chasser de Gaza environ 250 000 Palestiniens au cours de la première année, 1,11 million en trois ans et 1,86 million en sept ans. Il s’agit donc de l’écrasante majorité de la population de la bande de Gaza, estimée à plus de deux millions de personnes.

La droite israélienne appelle tout cela une « émigration volontaire ». Une formule qui cherche à rendre présentable un projet de nettoyage ethnique.

Ben Gvir a également exposé un mécanisme administratif, financier et diplomatique destiné à transformer cette idée en une politique d’État. « Au lieu des illusions de la paix, nous avons besoin d’actions en faveur de l’émigration », a-t-il déclaré. « Au lieu de creuser des tunnels, il est temps que les Gazaouis fassent leurs valises ».

Le plan prévoit en outre la création d’un prétendu ministère de l’Émigration, doté d’un budget autonome, d’une équipe chargée des négociations internationales et d’une structure opérationnelle. Otzma Yehudit a déjà annoncé que la création et le contrôle de ce ministère figureront parmi ses principales conditions pour entrer dans le prochain gouvernement après les élections.

Ceux qui quitteraient Gaza devraient recevoir un « paquet d’intégration » comprenant les frais de voyage, un premier logement, une formation professionnelle, une aide à la recherche d’emploi et un soutien financier pendant une période pouvant aller jusqu’à 24 mois. Des financements sont également prévus pour les pays qui accepteraient les Palestiniens, en fonction du nombre de personnes accueillies. Parmi les destinations possibles sont citées la Turquie, l’Éthiopie, le Congo et des pays arabes non précisés. Aucun de ces États, toutefois, ne semble avoir accepté d’accueillir la population de Gaza.

Le projet a un coût énorme. Ben Gvir propose un investissement israélien initial de 10 milliards de shekels, soit environ 3 milliards de dollars, puis un mécanisme financier pouvant atteindre 50 milliards de shekels, conditionné à la participation internationale. Un gigantesque appareil économique destiné à rendre possible ce qui est qualifié de « volontaire ». Ben Gvir a ouvertement revendiqué l’héritage idéologique de Rehavam Ze’evi, ministre de l’extrême droite israélienne assassiné en 2001 et surnommé « Gandhi », connu pour avoir soutenu le « transfert », c’est-à-dire l’expulsion, de la population palestinienne de Cisjordanie et de Gaza. « Quel dommage qu’ils n’aient pas écouté Gandhi », a déclaré Ben Gvir. « Il est temps de l’admettre : Gandhi avait raison ».

En début de semaine, le ministre de la Défense Israel Katz avait affirmé que le programme israélien visant à favoriser « l’émigration de masse » hors de Gaza n’avait pas été abandonné par Donald Trump, mais seulement « gelé ». Le projet avait été conçu après que, en février 2025, Trump eut proposé publiquement l’expulsion des quelque 2,3 millions d’habitants de la bande de Gaza, provoquant une vive réaction internationale, y compris de la part de l’Égypte. Par la suite, Washington avait mis cette idée de côté face à l’absence substantielle de pays disposés à accueillir la population palestinienne.

La « Riviera de Gaza » de Donald Trump

Trump était allé jusqu’à imaginer Gaza transformée, après la guerre, en une sorte de destination touristique de luxe. Dans son plan en 20 points présenté en octobre 2025, il avait toutefois pris ses distances avec l’idée de vider la bande de Gaza, promettant d’« encourager les gens à rester ». Le projet, cependant, n’a jamais réellement disparu. En juin, des responsables de la sécurité ont tenté de le relancer, notamment en lui donnant une nouvelle appellation destinée à le rendre plus acceptable sur le plan international. Et Katz a réaffirmé que le plan d’émigration faisait toujours « l’objet de discussions ».

Entre-temps, Gaza a déjà été transformée en un immense territoire de personnes déplacées. L’offensive israélienne dévastatrice – qui a tué plus de 73 000 Palestiniens – a contraint l’écrasante majorité de la population à abandonner son logement. Plus de 60 % de la bande de Gaza se trouve aujourd’hui sous occupation militaire israélienne et la reconstruction n’a jamais commencé car Israël exige, pour la permettre, le désarmement total du Hamas. Le 30 juillet, le mouvement islamique a accepté le plan de désarmement du Board of Peace pour Gaza (BOP), issu du plan Trump, mais Israël soutient que cette proposition ne garantirait pas la disparition des capacités militaires du Hamas et a donc rejeté le retrait progressif prévu par l’accord.

Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’envoyé du BOP (Bord of Peace, dans le sigle anglais), Nickolay Mladenov, a critiqué les restrictions israéliennes à la fourniture de logements à la population palestinienne, soulignant les conditions catastrophiques dans lesquelles vivent les habitants de la bande de Gaza. Il a également affirmé que la poursuite des attaques israéliennes n’a pas conduit et ne conduira pas au désarmement du Hamas, tout en critiquant également le mouvement palestinien pour son non-respect des engagements pris.

Le plan de Ben Gvir a peu de chances d’être réalisé sous la forme annoncée. Il faudrait des pays disposés à accueillir des centaines de milliers, puis des millions de Palestiniens ; d’énormes ressources financières et, surtout, un consensus politique international qui n’existe pas aujourd’hui. Mais ce serait une erreur de le balayer d’un revers de la main en le considérant simplement comme un fantasme électoral. L’idée de vider Gaza de sa population est devenue une proposition formalisée, organisée en douze points et destinée, dans l’intention de Ben Gvir, à devenir un pilier de la formation du prochain gouvernement israélien.

Voir : Ben Gvir presenta il piano di “emigrazione volontaria” per espellere i palestinesi da Gaza

Photo. La « Riviera de Gaza » de Donald Trump

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