Justice, Paix, Intégrité<br /> de la Création
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Le commerce des ânes !

Ovunque 18.03.2026 Sconosciuto Traduit par: Jpic-jp.org

Le marché peut apporter richesse et progrès, mais il est dangereux car l’avidité et l’illusion du gain facile prennent souvent le dessus. Ceux qui promettent des profits trop beaux visent souvent à tromper les plus confiants. Ce conte rappelle qu’en affaires, la prudence vaut parfois plus que l’argent et que les plus riches s’unissent pour tromper les pauvres et le marché devient un instrument d’oppression.

Un jour, un homme avec un beau costume et une jolie cravate fit une entrée remarquée dans un village.

Il grimpa sur une caisse et cria bien fort à qui voulait l’entendre qu’il achèterait tous les ânes qu’on lui proposerait au prix de 1 000 euros l'unité.

Les paysans trouvèrent la proposition étrange, mais le prix était fort intéressant, et ceux qui topaient avec lui repartaient la mine réjouie.

Il revint le lendemain pour offrir, cette fois, 1 300 euros par tête ! Là encore, une bonne partie des habitants vendit ses bêtes.

Les jours suivants, l'homme à la jolie cravate offrit 2 000 euros par tête, et ceux qui possédaient encore un âne le vendirent sur le champ. L'étranger constata qu’il ne restait plus un seul âne au village, alors il fit savoir qu’il reviendrait dans huit jours exactement et donnerait cette fois 4 000 euros par tête. Puis il quitta le village.

Le lendemain, il confia le troupeau d'ânes qu'il avait acquis à son associé et l’envoya dans le même village avec l'ordre de revendre les bêtes 3 000 euros l’unité.

Les villageois virent arriver un homme au costume gris et terne avec un troupeau d'ânes. Ils pensaient tous : « La semaine prochaine, l'homme à la jolie cravate va donner 4 000 euros par tête ! Si on achète un âne à l'homme au costume gris, on pourra le revendre pour un bénéfice de 1000 euros ! »

Tous les villageois rachetèrent leur âne jusqu'à trois fois le prix auquel ils l’avaient vendu. Bien entendu, pour payer l'homme au costume gris, tous les villageois empruntèrent.

Les deux hommes d’affaires, celui à la jolie cravate et celui au costume gris, s’en allèrent prendre des vacances méritées. Ils en profitèrent pour placer tout cet argent. Quant aux villageois, ils se retrouvèrent endettés.

Les malheureux tentèrent vainement de revendre leurs ânes (sans grande valeur) pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra.

Le banquier procéda à la saisie des animaux, et les loua à leurs anciens propriétaires qui ne pouvaient s'en passer pour leurs travaux. Dans le même temps, le banquier sollicita l'aide financière du maire avec force pleurs, arguant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le maire, qui en premier lieu avait envisagé de donner de l’argent aux habitants du village pour régler leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, n'épongea pas pour autant les dettes des villageois ni celles de la commune, et tout le monde se trouva proche du surendettement.

Voyant la note grimper de façon vertigineuse, pris à la gorge par les taux d’intérêts, le maire demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l'aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes les communes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, moins d'argent pour les programmes sociaux, pour la voirie, la police municipale, etc. On supprima des postes d’employés communaux, on supprima les augmentations de salaires et les primes, on abaissa les aides accordées aux plus faibles, on augmenta les impôts.

Ces mesures étaient, disait-on, inévitables, mais on promit de moraliser le scandaleux commerce des ânes.

Très généreusement, le banquier, l'homme à la jolie cravate et l'homme au costume gris, promirent de subventionner la campagne électorale des maires sortants.

Cette triste histoire prit tout son sel lorsqu'on apprit que le banquier, l'homme à la jolie cravate, et l'homme au costume gris, étaient frères. Tous les trois vivaient ensemble sur une île paradisiaque dont ils étaient les heureux propriétaires.

On les surnomme, encore aujourd'hui, les frères Marché.

 

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