Justice, Paix, Intégrité<br /> de la Création
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«Sidi», disse, «potresti anticiparmi del denaro sopra il mio prossimo raccolto, che si preannuncia molto buono? Potrò così acquistare un po’ di tè, dello zucchero e qualche metro di stoffa di cotone per liberarmi di questi stracci che uso come pantaloni d

Newsletter Missionari Comboniani 05.08.2025 Equipe dei Missionari Comboniani Traduit par: Jpic-jp.org

Un jour, un paysan sans le sou, venu d’une oasis, se rendit chez un riche marchand du village voisin pour solliciter un prêt. L’ancienne récolte était terminée, la nouvelle se trouvait encore dans les champs et il ne restait plus rien dans le grenier à troquer. Mais comme l’emprunt est une coutume de la savane, le paysan décida de tenter sa chance auprès d’un commerçant nommé Sidi, espérant qu’il ne fût pas totalement dépourvu de cœur.

 

« Sidi, dit-il, pourrais-tu m’avancer un peu d’argent pour ma prochaine récolte, qui s’annonce très bonne ? Je pourrai ainsi acheter du thé, du sucre et quelques mètres de toile de coton afin de me débarrasser de ces haillons que j’utilise comme pantalon depuis des années. Je te rembourserai assurément. Dieu m’en est témoin ! »

« Écoute, mon ami, répondit le marchand, premièrement, je tiens une boutique, non une banque. Deuxièmement, je ne suis pas assez naïf pour avancer de l’argent à ceux qui n’ont rien de certain à m’offrir. Qui peut me garantir que ta récolte ne sera pas affectée par une vague de froid ou par une baisse du niveau d’eau de ton puits ? Et les sauterelles, où les mettras-tu ? Elles pourraient envahir ton champ et ta récolte disparaîtrait en un instant ». Puis il ajouta : « À moins que tu ne puisses me garantir à cent pour cent que tu as le pouvoir sur ces phénomènes naturels ». Et il éclata de rire.

« Ces choses sont entre les mains de Dieu, répondit le paysan. En bon musulman, tu devrais le savoir, tout comme tu devrais savoir qu’Allah pourvoit. Quoi qu’il en soit, l’argent que je t’emprunterais serait entièrement dépensé dans ta boutique, et tu en tireras profit. D’ailleurs, ne suis-je pas l’un de tes clients les plus fidèles ? »

« Client fidèle, répliqua Sidi, ne me fais pas rire. Fidèle au point de méditer ma ruine en me demandant d’avancer de l’argent pour quelque chose qui n’existe pas encore. Écoute, homme, je t’ai assez écouté. Va-t’en et laisse-moi tranquille. J’ai déjà perdu trop de temps avec toi ». Insatisfait, il lui cria encore : « Disparais de ma vue ».

Le paysan avala l’insulte avec résignation et s’éloigna. Ses yeux étaient rougis par la colère et sa gorge se serrait. Mais jamais il ne ramperait comme un ver devant le marchand. Les pauvres, même dépouillés de tout, ont toujours leur dignité à défendre, surtout lorsqu’il ne leur reste plus que cela. Et il médita sa vengeance.

Ce même soir, Sidi le commerçant festoyait sur la terrasse de sa maison avec son ami Nujagma. Un repas de mouton et de couscous diffusait un parfum appétissant. Tous deux mangeaient et buvaient avec entrain, discutant avec passion. Soudain, l’invité sentit son sang se glacer et s’exclama : « Innahu Suleymana ! (Par le pouvoir de Salomon). Sidi, à qui appartient ce grand chat ? » demanda Nujagma.

« Quel chat ? » répondit l’autre en se retournant. « Là, à ta droite, dit l’ami, je jure n’en avoir jamais vu d’aussi grand ».

« Il est vraiment énorme, dit Sidi. Les surprises sont monnaie courante dans cette région montagneuse. La semaine dernière encore, alors que tu étais à Tamanrasset, des habitants ont capturé et tué un kambaltou (une personne réputée capable de se transformer en bête et de dévorer d’autres êtres humains) ».

« Auzubillahi ! (Que Dieu me protège), s’écria Nujagma, je n’en ai jamais entendu parler. Que Dieu me protège de ces créatures : elles doivent être apparentées aux ginn (esprits) ».

« Il ne faut pas croire à ces racontars, poursuivit Sidi. Tu sais bien que les gens d’ici sont ignorants et très superstitieux : leur capacité d’invention est sans limite. Même après l’arrivée de l’islam, l’animisme reste très répandu. Quant à nous, la visite d’un misérable chat, sans doute attiré par l’odeur de la viande, ne nous troublera pas. Laisse-le et regarde ce ciel étoilé ! Ce soir, il paraît encore plus beau que d’ordinaire ».

« Tu as raison, reconnut l’ami. D’ailleurs, le chat a disparu à présent. Je l’ai vu entrer dans la boutique ». « Excellent ! s’exclama Sidi. La boutique est pleine de rats. Ce chat me rendra de grands services. Je ferais mieux de l’enfermer ». Sidi se leva et verrouilla la porte. Une fois le repas terminé, il accompagna son ami chez lui.

À son retour, il s’allongea sur une natte devant la boutique. Son avarice était telle qu’il gardait lui-même ses biens, refusant d’employer l’un des nombreux chômeurs du village.

Le lendemain matin, Sidi se leva très tôt. C’était une heure où le thé et le sucre se vendaient particulièrement bien et les clients affluaient à la boutique dès le lever du soleil. Il ouvrit grand la porte et se plaça derrière le comptoir.

Le premier client ne tarda pas à arriver. Il effectua de nombreux achats et sortit un gros billet. Le commerçant ouvrit alors le tiroir où il conservait la bourse d’argent pour lui rendre la monnaie, mais il ne la trouva pas. Il regarda dans l’armoire, fouilla sous la table, déplaça des sacs, inspecta l’arrière-boutique… En vain. La bourse avait disparu.

Sidi était bouleversé. « Tout mon argent s’y trouvait », criait-il à ceux qui tentaient de le calmer. Attirés par ses cris, beaucoup accoururent pour voir ce qui s’était passé. « Peut-être as-tu oublié où tu l’as mise », lui suggéra un ami. « Non, non, répondit-il, elle était ici hier soir lorsque j’ai fermé la porte ».

Ils fouillèrent l’entrepôt de fond en comble, mais ne trouvèrent rien, sinon des empreintes de farine, manifestement laissées par un chat, menant du comptoir jusqu’à un mur. « Il a dû passer par ici, dit un homme, avant de se pencher et de s’enfuir en courant entre les tôles et le mur ». Un autre ajouta : « Les empreintes sont partiellement effacées, comme si quelque chose était passé par-dessus. Peut-être le chat traînait-il quelque chose derrière lui qui touchait le sol ».

Sidi pensa aussitôt que le chat s’était enfui en emportant l’argent, mais les gens jugèrent l’idée assez absurde. « Pourquoi, dirent-ils, emporterait-il de l’argent ? Qu’en ferait-il ? » Certains lui demandèrent toutefois si la bourse était en cuir. « Peut-être, expliquèrent-ils, le chat, attiré par son odeur particulière, l’a-t-il emportée pour la manger en quittant la boutique ». Sidi leur assura que la bourse était en tissu.

En suivant les traces du chat, ils arrivèrent à la maison du paysan qui avait sollicité l’aide de Sidi la veille. « Assalam Alaikum ! (Que la paix soit sur toi) », lui dirent-ils. « Alekutn salam (Sur vous aussi) », répondit le paysan.

« Nous poursuivons un chat, poursuivirent-ils, affirmant qu’il a volé la bourse de Sidi. Nous avons suivi ses traces et elles nous ont conduits jusqu’ici. Nous te demandons la permission de poursuivre notre recherche ».

« Un chat qui aurait volé une bourse ? Je n’ai jamais entendu pareille chose ! Mais si vous souhaitez vraiment poursuivre vos recherches, allez-y », répondit le paysan.

Les empreintes menaient au puits que le paysan avait creusé au milieu du jardin. Quelqu’un se pencha au-dessus du petit muret et regarda au fond, mais n’aperçut que sa propre image reflétée dans l’eau. Ils inspectèrent chaque recoin de la maison, sans trouver la moindre trace du chat. Ils décidèrent alors de rentrer chez eux.

Dans les jours qui suivirent, Sidi fut profondément abattu : l’idée d’avoir perdu tout cet argent ne lui laissait aucun répit.

Quant au paysan, il se rendait chaque matin à la boutique, à l’heure dite, vêtu comme un prince. Il faisait de nombreux achats, payait comptant et s’en allait, sans jamais oublier de demander au commerçant s’il avait des nouvelles du chat qui avait volé sa bourse.

Il faut savoir que des villageois savaient déjà que ce paysan avait le pouvoir de se transformer en chat. Toutefois, ils n’en dirent mot à personne. Au fond, ils se réjouissaient qu’un des plus pauvres parmi les pauvres ait réussi à donner une sévère leçon à ce marchand cupide et malveillant. Bien entendu, Sidi ne retrouva jamais la bourse d’argent. (Conte populaire du Maroc)
Voir : Oral Literature. The cat… with a bag

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