Justice, Paix, Intégrité<br /> de la Création
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Le regard du menuisier et la valeur de chacun

Butembo 20.06.2026 Jpic-jp.org Traduit par: Jpic-jp.org

À l’image des outils du menuisier, les êtres humains sont différents, mais chacun possède sa place dans le monde. Dieu ne regarde pas la grandeur, mais le cœur qui habite chacun de nous. Les sages disent : « Les doigts de la main ne sont pas égaux, mais ensemble ils saisissent la même chose ». L’union fait la force, la division engendre la faiblesse, et nul ne doit être méprisé, pas même le plus petit.

Il était une fois, dans un petit village paisible, un atelier de menuiserie. On y trouvait de nombreux outils : la scie, le rabot, le marteau, les clous, le papier de verre, la lime, la hache et bien d’autres encore. Chacun avait son caractère, sa voix et sa manière de travailler.

Un jour, alors que le menuisier s’était absenté, tous les outils se réunirent en une grande assemblée. La réunion fut longue, animée de nombreuses prises de parole et de vives discussions. Certains s’exprimaient avec colère, d’autres élevaient la voix, souhaitant exclure ceux qu’ils jugeaient incapables de vivre avec eux.

Le premier déclara avec sévérité :
« Nous devons chasser la Scie. Elle blesse trop et sa voix est insupportable. Son caractère est extrêmement dur ! »

Un autre répondit :
« Et le Rabot ? Il enlève la peau de tout ce qu’il touche. Son caractère est rigide et amer ! »

Un troisième prit la parole :
« Et Frère Marteau ? Il frappe tout avec violence, comme s’il était constamment en colère. Nous ne pouvons pas vivre avec lui ! »

D’autres ajoutèrent :
« Et les Clous, qui sont si pointus ? Et la Lime ainsi que le Racloir, qui ne cessent d’importuner les autres ? Sans parler du Papier de verre, qui gratte et écorche son voisin ? Qu’on les chasse tous ! »

Les discussions devinrent alors de plus en plus vives. Chacun ne voyait que les défauts de son compagnon. C’est alors que se réalisa ce que disent les sages africains : « Lorsque les grands arbres se disputent, ce sont les feuilles qui souffrent ».

Soudain, la porte s’ouvrit lentement. Le menuisier entra. Tous les outils se turent aussitôt. Il prit une pièce de bois. Il commença par la découper avec la scie, puis la lissa avec le rabot. Il se servit ensuite de la hache, de la lime et du papier de verre. Enfin, il prit les clous et le marteau, faisant travailler tous les outils ensemble. Avec ceux-là mêmes qui venaient de se quereller, le menuisier fabriqua un magnifique berceau destiné à accueillir un enfant, un lieu plein de douceur pour recevoir une vie nouvelle.

C’est alors que tous les outils comprirent que chacun avait sa propre mission. Comme le dit la sagesse populaire : « Si tu vois du sable, ne le méprise pas, car c’est avec lui que l’on bâtit une maison ». Il est également vrai que « C’est le fer brut qui permet de fabriquer la meilleure houe ».

Ainsi agit Dieu. Il nous regarde avec les yeux du menuisier. Il ne voit pas seulement nos erreurs ; il discerne aussi la beauté qui habite chacun de nous. Et pour mieux comprendre encore que même le plus petit possède sa valeur, les anciens racontent l’histoire d’une petite fourmi.

Il y avait une toute petite fourmi qui vivait dans un potager. Elle s’appelait Ali et se sentait triste, car elle était la plus petite de toutes les fourmis de sa région. Son cœur était rempli de doutes :
« Je suis si petite que je ne sers à rien », se disait-elle. Une telle situation se produit souvent dans les familles nombreuses, lorsque les parents ne trouvent pas le temps d’accorder à chacun de leurs enfants l’attention dont il a besoin.

Un jour, un bouc arrogant entra dans le potager et se mit à dévorer les légumes. Les cultivateurs essayèrent de le chasser, les autres animaux tentèrent de l’effrayer, mais tous échouèrent et chacun se plaignait, envahi par la peur.

Alors Ali, la petite fourmi, se dit en elle-même : « Je ne suis pas grande, mais je peux au moins accomplir une petite chose », comme le rappelle le proverbe : « Goutte après goutte, le seau finit par se remplir ».

Elle s’approcha lentement, très lentement, du bouc. Elle grimpa jusqu’à son oreille et le mordit à l’endroit le plus sensible. Sous l’effet de la douleur, le bouc fit un bond et s’enfuit à toutes jambes.

La joie revint parmi tous, et chacun retint une leçon : il ne faut jamais mépriser les plus petits. Quant à Ali, elle comprit qu’il n’est pas nécessaire d’être grand, comme le dit le proverbe : « Ce qui manque au petit n’est pas la force, mais la confiance en lui-même ».

Tel est l’autre côté de l’histoire du menuisier. À l’image des outils du menuisier, nous sommes tous différents. L’un est calme, l’autre est rapide, un autre encore est appliqué. Pourtant, chacun possède sa place. Dieu ne nous regarde pas selon notre grandeur, mais selon le cœur qu’il a déposé en nous. Les sages disent : « Les doigts de la main ne sont pas égaux, mais tous ensemble ils saisissent la même chose. » L’union fait la force, la division engendre la faiblesse, et personne ne doit être méprisé, pas même celui qui est aussi petit que la petite fourmi Ali.

 

 

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